Le Système d’Information Énergétique du Niger, que nous construisons pour le ministère de l’Énergie dans le cadre du projet HASKÉ financé par la Banque mondiale, permet désormais de suivre les émissions de CO2 liées à l’énergie sur près d’un quart de siècle, secteur par secteur. L’image qu’il donne est très différente de celle du début des années 2000.
2000 : un profil carbone simple
En 2000, deux secteurs dominaient largement les émissions du pays : le transport routier, avec 55 %, et la production et la distribution d’électricité, avec 36 %.
Depuis 2011-2012 : le raffinage prend la tête
À partir de 2011-2012, un troisième secteur s’impose avec le démarrage du raffinage du pétrole brut dans le pays. En 2017, le raffinage pétrolier représentait à lui seul 64 % des émissions nationales de CO2. En 2024, il reste le premier contributeur avec 48 %, devant les transports (27 %) et la production d’électricité (19 %).
Pourquoi c’est important
Ce basculement raconte la transformation structurelle d’une économie énergétique. Il resterait invisible sans un outil de suivi fiable et désagrégé par secteur. Pour les décideurs, il modifie les priorités de la politique climatique ; pour les partenaires techniques et financiers, il indique où l’appui aura le plus d’effet ; pour les chercheurs, il fournit des séries cohérentes sur une longue période.
Comment les chiffres sont produits
Les émissions sont calculées directement à partir des statistiques énergétiques nationales collectées dans la plateforme, avec les facteurs d’émission du GIEC. Données énergétiques et rapportage climat reposent ainsi sur la même source et restent cohérents entre eux.
C’est exactement ce que permet un bon système d’information énergétique : transformer des données brutes en lecture stratégique pour les décideurs, les bailleurs et les chercheurs. En savoir plus sur nos travaux sur les GES ou contactez-nous.
